INTRODUCTION

Reconstitution des ménages de MARIEMBOURG de circa 1640 à 1930

Auteur : Léon Verheylewegen

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1) But de cette étude

 

Il s'agit d'une reconstitution des ménages de Mariembourg de circa 1641 à 1930, présentée sous la forme de crayons généalogiques.

 

 

2) Un peu d'Histoire

 

Il existe de nombreux ouvrages traitant de l'origine et du développement de Mariembourg, écrits par des spécialistes en cette matière.

 

On peut toutefois citer :

 

  1. a) un extrait d'un article paru dans la revue "Pays de Namur" - novembre 1977 (revue bimestrielle d'histoire et folklore) sous la signature de M.Thirry et intitulé : "Notre-Dame de la Brouffe.

 

" Chapelle près du centre de vacances de la Poste, dernier vestige d'un domaine très ancien appelé Vérofle qui s'est transformé en Brouffe (sans doute par un effet de prononciation du nom) au fil des siècles.

 

D'abord une villa gallo-romaine mentionnée pour la première fois en 868, elle appartenait à l'abbaye de Lobbes et en 1096 à Bauduin IV, comte de Hainaut. ce dernier avait besoin d'argent pour partir en croisade et vendit Verofle à Otbert prince évêque de Liège.

 

En 1134 (elle) devient la propriété de l'abbaye de Floreffe qui y installe une communauté de Norbertines vers 1175

 

Une centaine d'années plus tard, l'abbé général des Prémontrés dut prendre des mesures pour réprimer certains abus qui s'étaient introduits dans les mœurs des communautés norbertines et en 1270, toutes les maisons moniales furent supprimées.

 

Vérofle devient alors un prieuré des Prémontrés jusque dans le deuxième quart du 16ème siècle.

 

A ce moment, Charles Quint échange cette terre appartenant au Prince-Evêque de Liège contre celle de Herstal qui (lui) appartient. "

 

  1. b) dans une notice jointe, lors de la publication par l'Institut Géographique National à la fin du XIXème siècle, du plan de Mariembourg dressé par Jacques Roelofs, dit "de Deventer" (à la demande de Philippe II, circa 1559), Mr Wauvermans, décrit, avec à l'époque, l'aval semble-t-il des Archives du Royaume, l'origine de cette ville fortifiée.

Ce texte est repris in extenso dans la partie "Annexes" de ce travail, sous le titre : Carte de Mariembourg par Jacques de Deventer. 

 

 

  1. c) quelques moments importants :

 

1546 : Charles-Quint et Marie de Hongrie, sa sœur et gouvernante de nos régions, font construire une forteresse pour se protéger de l'ennemi français

1554 : les troupes françaises prennent possession de la forteresse

1559 : le traité franco-espagnol de Cateau-Cambrésis et Mariembourg redevient possession espagnole

1659 : par le traité des Pyrénées, Mariembourg est à nouveau une possession française.

Elle le restera en tant qu'implantation en terre étrangère, jusqu'au décret du 9 vendémiaire IV (01/10/1795) qui annexe purement et simplement nos régions à la République française. La ville de Mariembourg est alors comprise dans le département des Ardennes.

1815 : Waterloo et la fin définitive de l'occupation française.

1830 : Indépendance de la Belgique.

 

 

3) Source des informations

 

En principe, il ne s'agit QUE des registres et documents divers, de ou à propos de Mariembourg.

Parfois, l'espoir de trouver un lien entre des individus a entraîné une recherche notamment à Frasnes ou Boussu-en-Fagne, paroisses voisines et souvent mêlées à l'histoire de Mariembourg, parfois aussi des informations venant d'autres paroisses et communes plus éloignées ont été recueillies dans l'espoir d'établir ces liens entre familles mariembourgeoises, avec ou sans succès.

 

  1. a) les registres paroissiaux :

 

Origine :

 

  • Régime français : Entre le 10 et le 15/08/1539, François Ier, roi de France, signe une ordonnance qui e.a. règle la tenue de registres de baptême, impose l'usage du français au lieu du latin, dans tous les documents relatifs à la vie publique.

Ce document est connu sous le nom de "Ordonnance de Villers-Cotterêts".

Le 19/10/1736, le curé de Mariembourg, Kennedy (sic) note dans un acte de décès d'un enfant âgé de 7 jours :

" Cette enregistration d'enfant se fait ou se doit faire depuis que l'on m'a fait voir l'arrest du Roij qui fut le quinze de ce mois"

Parce qu'auparavant, les décès d'enfants n'ayant pas fait leur "première communion" n'étaient pratiquement jamais notés dans le registre des sépultures.

 

  • Régime espagnol : Le Concile de Trente (1545-1563) oblige tous les curés à la tenue d'un registre des baptêmes et des mariages, celui des décès ne sera imposé qu'en 1614 et pour les enfants de moins de 12 ans, cette obligation n'existe qu'à partir du 06/08/1778.

 

Comme il n'existe pas de registres antérieurs à 1640 (voir infra), ils devaient tous, au moins à partir de 1659 (régime français), être rédigés en langue française en application de l'ordonnance précitée, or, une grande partie le sont en latin.

 

Il n'y a pas de registres paroissiaux avant 1640 soit qu'ils n'ont jamais existé, soit qu'ils ont été détruits, ce qui est attesté par des actes de notaires :

 

  1. a) Dans le cadre d'une procédure de reconnaissance de filiation pour établir un droit dans le partage d'une succession (Mortelette), un document (Echevinage – AEN 5392) atteste que les registres d'avant 1641 n'existent pas ou plus,

 

" Il y a cependant toutte apparence qu'ils sont tous les deux nés et natiffe de cette ville ainsy que lon sera remarques à la suitte ,  …. qu'ils ne se trouvent dans les registres de cette paroisse

 

mais il nen est pas surprenant parce que les registres de bapteme ou de mariage de cette paroisse ne commence quen lan 1640 et qui ceux estoint nés auparavant soit que ces registres peuvent avoir este enveloppe et brulé par un incendie arrivé en cette ville environ ce temps la, soit qu'ils soient brulé, soit qu'il nij en aije pas eu avant 1640 ou qu'ils soijent perdu la preuve ce peut faire par dauttre moyens, …"

 

- Idem, pour un autre succession (Adeneau)  - (Notaire Dubuisson à Mbg – AEN 1354)

 

 … Intervient aussi François d'Aubry, curé, qui certifie et atteste ne connaître d'autres registres de baptême que celui commençant le 22 juillet 1640, "estant dans la pensée que par l'incendie arrivé audit Mariembourg l'an 1639, les anciens registres y auroient été brulé comme quantité d'autres papiers et effets de ladite ville ".

 

 

Les actes des registres paroissiaux sont la plupart du temps, limités quant à l'identité de la ou des personne(s) concernée(s) :

 

  • baptêmes : au prénom de l'enfant, au nom et prénom du père (plus tard viendra le nom de la mère !) et celui des parrain et marraine. A défaut d'une précision, la date du baptême est reprise ici comme date de naissance.

 

  • mariages : des mariés et des témoins

(seuls les témoins ayant un lien avec les conjoints ont été repris dans cette étude)

 

  • décès : souvent seulement le nom et le prénom de l'homme décédé et s'il s'agit d'une femme qui est ou a été mariée, sa qualité d'épouse ou de veuve d'untel.

 

D'où l'importance de noter les parrains, marraines et témoins, ce qui permet quelquefois de recouper d'autres informations.

 

Les actes d'abjuration de la foi dite hérétique, calviniste, luthérienne ou orthodoxe, par des militaires d'origine suisse, germanique voire croate, n'ont été repris qu'à de rares occasions, chaque fois que ce pouvait être une indication pour les chercheurs qui poursuivraient les recherches sur un patronyme déjà développé partiellement ici.

 

A noter que les tables des registres paroissiaux, dressées au 19ème siècle, comportent de très nombreuses erreurs, tant dans les dates que dans la graphie des patronymes.

 

  1. b) les registres de l'Etat civil :

 

L'administration civile est chargée de la tenue des registres. Il ne s'agit plus de baptêmes (avec indication des parrain et marraine), ni de bénédictions nuptiales, ni d'inhumations, mais bien d'actes de naissance, de mariage et de décès.

Les premiers actes civils à Mariembourg, ont été dressés les :

 

  • 06/01/1793 : acte de naissance de Pinget Marie Louise
  • 07/01/1793 : acte de mariage de Gras Etienne dit La Combe et Goffard Marie Augustine
  • 02/01/1793 : acte de décès de Dandin Françoise Ferdinande

 

  1. c) le Registre de la Population :

 

Le premier registre date de 1847, mais il est incomplet.

Un nouveau registre a été dressé ensuite après chaque recensement de la population.

De nombreuses erreurs et approximations ont été constatées dans les premiers registres de la population, sans doute parce que la plupart des données étaient obtenues par les déclarations des arrivants. Il convient de vérifier chaque indication "hors Mbg" avec les actes des paroisses-communes citées.

La carte d'identité n'existe chez nous que depuis la guerre de 1914-18, lorsqu'elle fut imposée par l'occupant, dès lors les indications des périodes antérieures reposaient la plupart du temps, sur les déclarations et/ou la mémoire des déclarants.

 

  1. d) les Archives de l'Etat à Namur :

 

  • les archives des notaires : ensemble de liasses contenant des testaments, partages de successions, donations, contrats de mariage, ventes, prêts et leurs remboursements, relations d'évènements plus ou moins importants, etc…
  • "protocoles ecclésiastiques" lorsque le curé agit en qualité de notaire
  • l'Echevinage : actes d'administration et de justice, qui émanent de l'autorité du mayeur et des échevins de la ville

 

On y trouve par exemple des testaments et des partages de successions, ce qui reprend des filiations et cousinages éventuels et des contrats de mariage, des donations, des déclarations diverses (identités, vols, bagarres, procurations, etc…).

Ces documents ne constituent pas l'ensemble de ce qui a été rédigé par ces notaires, curés et échevins, mais ce qui a été laissé au service public après les incendies, les destructions, les vols et les appropriations.

Nul doute en effet, que des personnes privées détiennent des documents. Parmi ceux-ci il y a ceux détenus légitimement parce que d'histoire familiale, mais hélas aussi ceux détenus d'une manière illicite, parce que soustraits à leur propriétaire légitime : les citoyens représentés par l'autorité publique.

Ils appartiennent en effet à la mémoire collective et les conserver à titre privé, c'est assurer leur disparition à plus ou moins court terme.

 

A l'exception de quelques actes du notaire Lecomte à Mbg, de 1594 à 1609 (AEN 11), ces documents sont de circa 1640 à la fin du 18ème siècle.

 

  1. e) les informations communiquées par des collègues chercheurs.

Celles-ci sont reprises en caractères italiques dans les différentes fiches, avec l'indication de l'auteur. Qu'ils en soient tous remerciés.

 

 

4) Méthodologie

 

Les patronymes sont classés par ordre alphabétique, successivement à chacune des lettres de l'alphabet. Il s'agit du patronyme de l'époux, mais celui de l'épouse comporte, lorsque c'est possible, l'indication de ceux de ses parents.

 

Pour chaque patronyme, les différents crayons généalogiques sont classés en principe par ordre d'ancienneté. En principe, car ce n'est pas toujours aisé de fixer cette ancienneté.

 

Lorsque des enfants ont une descendance, celle-ci est numérotée comme suit :

  1.       pour le premier enfant

 (masculin qui se marie et qui a aussi une descendance ou féminin s'il s'agit d'une mère célibataire).

  • pour le premier enfant (idem) du numéro 1.
    • pour le premier enfant (idem) du numéro 1.1. et ainsi de suite

 

Les liens (parents-enfants) figurant dans cette étude sont prouvés par des documents.

Lorsqu'il y a un léger doute, il en est fait mention.

Dans les autres cas, même s'il est probable que …, aucun lien n'a été formellement établi.

 

 

5) Lexique et abréviations courantes

Mbg pour Mariembourg

 

         de sexe masculin                                          de sexe féminin

°           pour né le                                            circa     pour environ, plus ou moins

=          pour baptisé le                                     ante      pour avant

x          pour marié le                                        post     pour après

)(          pour divorcé                                        ss        pour "susceptores" = parrain et marraine

          pour décédé                                        tt          les témoins

sp        sin proles = sans postérité                   NN       patronyme ou prénom ignoré(s)

supra    ci-dessus                                             AGR     Archives générales du Royaume

infra     ci-dessous                                           AEN     Archives de l'Etat à Namur

SAR     sans autre renseignement                     d.d.      à cette date

 

Sosa : (abréviation de "système Sosa-Stradonitz") il s'agit, lors de recherches généalogiques, d'une méthode de classement des aïeux par une numérotation personnelle. La personne dont on recherche les aïeux porte le numéro 1, le père porte le double du numéro de l'enfant (ici 2) et la mère, le double + 1 (ici 3).

Ce système permet un classement facile quel que soit l'état d'avancement de la recherche dans les différentes branches.

 

 

6) Divers

 

La lecture des registres paroissiaux, comme des actes des notaires et de l'Echevinage, est rendue difficile, tant par l'écriture ancienne que par l'orthographe plutôt phonétique ou les abréviations utilisées par le rédacteur de l'époque qui connaissait bien les intervenants, au point de les appeler parfois par leur sobriquet.

 

A titre d'exemple :

"Cuy" est le diminutif pour "Lescuyer".

"Gaudet" ou "Godet"

"Will(i)ame" aussi écrit "Huiam".

"la Riviere" pour "Minet dit la Rivière"

"Meunier" qui devient "Monny"

"Dupont dit la Croix" qui devient parfois "de la Croix" et fatalement " Lacroix" et "Delacroix"

"Vandenbrugge" qui devient "Dupont", le curé ayant décidé de traduire le patronyme en français.

 

Bref : il convient de tenir compte dans la recherche d'un patronyme, d'une écriture phonétique, des surnoms et sobriquets, des "de" (qui sont soit une particule dite de noblesse, soit une indication d'origine) qui parfois deviennent une partie intégrante du nom, etc….

 

*

*     *

 

 

Enfin, malgré toutes les vérifications, relectures etc…, il est possible que des erreurs figurent dans ces crayons généalogiques et il est certain que de nouvelles informations permettraient de les compléter.

 

D'avance merci à celles et ceux qui les communiqueraient à l'auteur.

 

 

Léon Verheylewegen                                                   

LAURENT Etienne
LAURENT Etienne a écrit :
22/07/2020 18:46

A l'attention de M. Verheylewegen
Bonjour,
Quel superbe travail sur ma ville natale, je vous en félicite très sincèrement.
Ce qui motive aussi ce mot, c'est une remarque que vous notez pour Louise Aristide Aline MAISTRIAUX ° Mbg 16/04/1890.
Selon votre liste, elle serait "(*) née accidentellement à Mbg, la mère résidant à Warmeriville (F-dpt de l'Aisne)".
Je ne sais d'où provient cette information, car en réalité, elle est la fille de Louise Ernestine MAISTRIAUX °Mbg 24/10/1868, naissance actée sur déclaration de l'accoucheuse (sans père déclaré); et non, comme repris dans votre liste, la fille de Ernestine Julienne ° Mbg 07/02/1865. Les deux prénoms Ernestine créent la confusion.
Par ailleurs, vous devez ajouter Louise Ernestine MAISTRIAUX °Mbg 24/10/1868 comme 7ème enfant du couple Auguste Louis MAISTRIAUX x Nathalie Marcelline CLAUDISSE.
Merci de bien vouloir corriger et bien à vous.

Léon Verheylewegen
Léon Verheylewegen a écrit :
26/08/2020 08:46

Bonjour,
Je découvre votre réponse. Merci pour votre appréciation.
J'ai parcouru les registres NMD paroissiaux et de l'Etat civil, ceux de la population et les archives notariales, ecclésiastiques et de l'échevinage (AGR-Namur). Si j'ai indiqué cette mention, c'est donc que je l'ai lue (sauf erreur de frappe p.ex.) Il y a toutefois la possibilité d'une erreur dans le texte d'un acte ou d'un document, ce qui n'est pas rare, comme aussi la confusion dans un acte entre les prénoms et les dates de naissance p.ex. Il y a l'enfant qui "remplace" pour les parents, un enfant prédécédé, comme il y a les prénoms officiels (à la naissance) et ceux usuels.
Je vais vérifier et modifier le cas échéant.
Bien à vous.
Léon Verheylewegen - 26/08/2020

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