Stèle Abbé Paul Gilles

Couvin
Publication
non
Carte postale
Registre
Média
Bien
Stèle
Public
1,80m sur 80 cm environ , encastrée dans un mur de moellons
Sources : André Lépine - 80 MONUMENT INSOLITES DE L'ENTRE-SAMBRE-ET-MEUSE - A la Biche Faonée - page 76
Paramètres
non

Sur la Nationale 5, à gauche, entre Couvin et Le Brûly, au km 97,7. Stèle d'1,80m sur 80 cm environ, encastrée dans un mur de moellons.

Le 26 août 1914, au lever du jour, les troupes allemandes entre dans Couvin. Vers 17 heures, pris de boisson, des Saxons qui pillaient et saccageaient les maisons depuis le matin, tirent dans tous les sens. L'abbé Gilles, vicaire de Couvin, âgé de 30 ans, est surpris par des soldats du 182ème Régiment d'Infanterie, alors qu'il allait rendre visite à une personne malade. On tire sur lui et il se réfugie indemne chez le docteur Focquet. Les soudards l'extirpent de la maison et le malmènent. M. Mauer, professeur requis comme interprète, intercède en sa faveur mais se fait tancer par la soldatesque. Il sera d'ailleurs pris comme otage et devra servir de bouclier à la troupe, avec 20 autres personnes, jusqu'à Gué d'Hossus, village français avant Rocroi, où les allemands les libéreront le lendemain à 5 heures du matin.

Frappé à coups de crosse de fusil puis atteint de plusieurs balles, le malheureux prêtre est chargé sur une charrette non sans avoir reçu un dernier coup de revolver. Des témoins raconteront que deux kilomètres plus loin, des soldats le frappaient encore...

Huit jours plus tard, un cantonnier découvrit une sépulture en bordure de route de Brûly-de-Couvin. Il l'ouvrit et en retira une bottine, un mouchoir, et un morceau de soutane qui permit de reconnaître la victime, le cadavre étant tout à fait méconnaissable.

Le 18 octobre, sans en référer à l'autorité allemande dont on se méfiait encore, on exhuma le corps dans la clandestinité et on transféra au cimetière de Couvin.

Coordonnées GPS : 50°01'08.9"N 4°30'46.4"E

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Catégorisation
Patrimoine » Personnalités, Patrimoine » Petit Patrimoine Bâti
Immobilier
Commune de Couvin » Couvin
Marcel Delvaux
Marcel Delvaux a écrit :
04/01/2019 15:33

Soucieux d'assurer l'exhaustivité à propos de ce crime de guerre de même que la fiabilité et la probité de ce récit historique, je recommande la lecture de plusieurs documents aisément disponibles: Un reportage d'une page entière et un commentaire très lucide de Bernard Theis dans "L'Avenir" des 9 et 10 octobre 2014, En outre, la revue "Au Pays des Rièzes et des Sarts" a fourni des élements d'informations resté inédits jusqu'à nos jours sur ce crime dans son numéro 216 de l'année 2014. Elle a patronné l'initiative d'un Allemand (Ludwig Maul) qui désirait se recueillir devant le monument et l' a fait en compagnie de Marc Gilles, petit-neveu de l'abbé Gilles. Le père de Ludwig Mauel avait été témoin du crime et n'en jamais supporté le souvenir. Son fils voulait demander pardon aux Couvinois et témoigner son respect à la victime.
Bien à vous.

Marcel Delvaux
Marcel Delvaux a écrit :
04/01/2019 15:57

Pour assurer l'exhaustivité et la fiabilité de l'information à propos de ce crime de guerre, il est possible de consulter ce qu'ont écrit le correspondant de "L'Avenir" et Bernard Theis les 9 et 10 octobre 2014, à savoir plus d'une page complète. En outre la revue "Au Pays des Rièzes et des Sarts". a publié des informations jusque là inconnues sur ce crime et sur les conditions de la mort proprement dite de l'abbé Gilles. L'Allemand Ludwig Mauel , fils de l'un des soldats témoins du drame est venu à Couvin en octobre 2014 pour se recueillir devant la stèle de l'Abbé Gilles accompagné de Marc Gilles, petit-neveu de la victime. Ludwig Mauel a tenu à présenter ses excuse et à demander pardon à la population de Couvin.

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